Talk Talk est un groupe anglais formé au début des années 80, il va rapidement avoir beaucoup de succès grâce à l’album It’s my life et ses deux tubes "It’s my life" et "Such a shame". On est bien sûr dans la décennie fric et kitsch, ces morceaux ne dérogent pas à la règle des gros succès eighties, ce sont deux chansons calibrées comme il faut, avec abondance de synthés et rythmique carrée, qui font et feront toujours fureur lors de vos soirées 80’s revival (oui je sais tout). Mais pourquoi en parler dans le Freak Out Blog ? Si j’ai ouvert ce site sérieux et snob c’est bien sur pour vous éduquer, non pas pour vous encourager à vous trémousser dans un costume paillette, sur des chansons ridicules, avec des imbéciles quadragénaires déclarant qu’à leur époque on savait s’amuser !
Si je vous parle de Talk Talk c’est bien entendu que dans cette machine bien huilée qui aurait du voir le groupe retomber dans l’oubli et les tréfonds des groupes à tubes, et leurs membres réduits à participer aux soirées sus cités dans des nightclubs ringards, quelque chose a déraillé. Mark Hollis et sa bande en ont eu marre, à un moment, de se laisser aller à faire de la musique mainstream. L’album Spirit of Eden sorti en 1988 est le fruit d’un an de travail et d’improvisation en studio avec une vingtaine de musiciens. Nous sommes à la fin des années 80 et Talk Talk va être l’un des groupes qui va ouvrir la voix vers l’éclatement et le mélange des genres que l’on connait dans le rock depuis les années 90, cet album et le suivant vont avoir beaucoup d’influence notamment dans le mouvement post rock des 90’s (on peut donc considérer que Talk Talk fait du pré-post-rock…hum) la filiation avec Sigur Ros est évidente par exemple, même avec Radiohead et Porcupine Tree. La musique de Spirit of Eden balance entre le rock, le jazz et l’ambient, l’album débute avec une trompette Miles Davisienne qui donne le ton, les climats sont éthérés et planants, Talk Talk prend le temps de développer des atmosphères, et fait un travail important sur les instrumentations et les textures, piano, orgue, clarinette, saxophone sont présent de manière subtile. Les moments calmes laissent place à de belles envolées et crescendos tout en restant dans cette ambiance feutrée, il y a une certaine retenue aussi, comme si le groupe était sur le point d'en faire trop sans jamais tomber dans la facilité, on reste constamment sur le fil. Même s'il retombe un peu vers la fin, cet album reste une réussite qui a marqué la fin des 80's, rarement un groupe a fait volte face avec une telle classe, un beau geste contre l'industrie musicale

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