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lundi 22 novembre 2010

Talk Talk : Spirit of Eden

 Talk Talk est un groupe anglais formé au début des années 80, il va rapidement avoir beaucoup de succès grâce à l’album It’s my life et ses deux tubes "It’s my life" et "Such a shame". On est bien sûr dans la décennie fric et kitsch, ces morceaux ne dérogent pas à la règle des gros succès eighties, ce sont deux chansons calibrées comme il faut, avec abondance de synthés et rythmique carrée, qui font et feront toujours fureur lors de vos soirées 80’s revival (oui je sais tout). Mais pourquoi en parler  dans le Freak Out Blog ? Si j’ai ouvert ce site sérieux et snob c’est bien sur pour vous éduquer, non pas pour vous encourager à vous trémousser dans un costume paillette, sur des chansons ridicules, avec des imbéciles quadragénaires déclarant qu’à leur époque on savait s’amuser !

Si je vous parle de Talk Talk c’est bien entendu que dans cette machine bien huilée qui aurait du voir le groupe retomber dans l’oubli et les tréfonds des groupes à tubes, et leurs membres réduits à participer aux soirées sus cités dans des nightclubs ringards, quelque chose a déraillé. Mark Hollis et sa bande en ont eu marre, à un moment, de se laisser aller à faire de la musique mainstream. L’album Spirit of Eden sorti en 1988 est le fruit d’un an de travail et d’improvisation en studio avec une vingtaine de musiciens. Nous sommes à la fin des années 80 et Talk Talk va être l’un des groupes qui va ouvrir la voix vers l’éclatement et le mélange des genres que l’on connait dans le rock depuis les années 90, cet album et le suivant vont avoir beaucoup d’influence notamment dans le mouvement post rock des 90’s (on peut donc considérer que Talk Talk fait du pré-post-rock…hum) la filiation avec Sigur Ros est évidente par exemple, même avec Radiohead et Porcupine Tree. La musique de Spirit of Eden balance entre le rock, le jazz et l’ambient, l’album débute avec une trompette Miles Davisienne qui donne le ton, les climats sont éthérés et planants, Talk Talk prend le temps de développer des atmosphères, et fait un travail important sur les instrumentations et  les textures, piano, orgue, clarinette, saxophone sont présent de manière subtile. Les moments calmes laissent place à de belles envolées et crescendos tout en restant dans cette ambiance feutrée, il y a une certaine retenue aussi, comme si le groupe était sur le point d'en faire trop sans jamais tomber dans la facilité, on reste constamment sur le fil.  Même s'il retombe un peu vers la fin, cet album reste une réussite qui a marqué la fin des 80's, rarement un groupe a fait volte face avec une telle classe, un beau geste contre l'industrie musicale

lundi 8 novembre 2010

London Calling ou: "il y en a un peu plus je vous le mets ?"

Depuis 1979, date de la sortie de London Calling, les critiques, les amateurs et autres exégètes du rock ne se trompent-ils pas sur la nature même de ce formidable album, car sous ses airs révolutiono-punk ne se cache-t-il pas un album dans la pure tradition du rock progressif. Pour cela il est intéressent de dresser un parallèle avec Emerson  Lake & Palmer (ELP), groupe phare du rock progressif le plus pompeux et excessif, le plus horriblement prétentieux et kitsch!

Cette pompe et cette prétention honnie par le punk des premiers instants fait son grand retour grâce aux Clash. Car du too-much il y en a ici, à commencer par l'abondance de morceaux pas toujours très heureux: "il y en a un peu plus je vous le mets" c'est ce qu'a dit Joe Strummer (guitariste et leader) au parton de sa maison de disques, il y en aura assez pour un double album, et même pour le suivant qui sera triple! Diantre quel audace un double puis un triple album studio! Même Yes et Emerson Lake and Palmer n'ont pas osé (alors qu'ils ont été élus deux des groupes les plus prétentieux par je ne sais quel magazine  sommité auto proclamée du rock). Il est évidement certain que Strummer et ses acolytes cherchaient avant tout à concurrencer leurs homologues du rock progressif, "certes on n'a pas de technique, mais qu'est ce qu'on a comme fonds de tiroirs!" se sont ils dit après avoir écouté le triple live d'ELP. Car les Clash ont tout pris, ils ont fait une razzia complète, ils sont allés chercher le moindre morceau de parole, la moindre bande qui traînait dans le studio (dans lequel un groupe de reggae avait enregistré son album auparavant, ce qui explique le "Revolution Rock"). Mais sérieusement, était-il vraiment nécessaire d'inclure "Lost in the Supermarket", "The Card Cheat", ou encore "Lover's Rock". Ils ont quand même réussi à grouper l'inessentiel en face n°3 sur le vinyle, ce qui est d'autant plus pratique, car il n'y a juste pas besoin de la mettre sur sa platine, de ce fait elle est moins abimée, vous vous en rendrez compte si vous achetez le vinyle d'occasion .

Mais ce "il y en a un peu plus je vous le mets" ne se trouve pas seulement dans la quantité, il se retrouve aussi dans les arrangements, voulant être enfin pris au sérieux par leurs camarades du rock progressif , Joe Strummer et les Clash n'hésitent pas à rajouter de la trompette, à surenchérir du piano, à surcharger du synthé comme sur le magnifique "The Card Cheat". Pour finir ils ont eux aussi essayé de mélanger les genres à leurs sauce, d'élever le rock de le faire progresser à leur manière. Mais ne t'inquiète pas Joe, la consécration a fini par arriver, Keith Emerson (le E de ELP) a un jour déclaré, "'J'aime bien les Sex Pistols, je suis d'ailleurs voisin avec Johnny Rotten", mais je suis persuadé Joe, qu'il voulait parler des Clash!